Historique

Dix-huitième siècle

En 1786, à la veille de la Révolution française, quelques confrères, Balthasar Paul Ommegank (photo), Hendrik-Frans de Cort et d’autres se réunissent et forment un groupe d’artistes. Quelques années plus tard, en 1788, ils rédigent les statuts de l’association qu’ils fondent, sous le nom de « Konstenmaetschappye ». Ces artistes mégalomanes, rêvant du retour du temps de Rubens, sont loin de se douter que leur association fera date. La scène artistique au dix-huitième siècle ne pouvait pas prévoir que l’art dans le siècle suivant serait au centre de l’actualité sociale.

Foto1-Balthazar-Paul Ommeganck“Balthasar Paul Ommeganck”

Dix-neuvième siècle 

L’association qui initialement débute comme une affaire purement artistique, prend déjà un tour plus social au début du dix-neuvième siècle par l’entrée de représentants de la bourgeoisie. Le nom change en « Société d’encouragement pour les Beaux-Arts ». La nouvelle impulsion vient de Balthasar Paul Ommeganck et Willem Jacob Herreyns, le fondateur de l’Académie de Malines (1772). Les statuts officiels datent de 1816, quand la bourgeoisie et les artistes concluent un pact social, qui va déterminer toutes leurs actions durant tout le dix-neuvième siècle. En 1817, l’ASBL reçoit le titre de “Royale” pour sa fermeté lors de la récupération des trésors d’or volés (par les troupes de Napoléon Bonaparte) au Louvre à Paris. Grâce au nationalisme naissant et à la recherche des origines de Belgique, la société se développe à vue d’œil simultanément à l’évolution sociale, qui tâche de plus en plus souvent d’égaler le passé relatif à l’histoire de l’art. Dans cette période les salons triennaux naissent. Ils ont lieu à tour de rôle dans trois villes. De 1830 jusqu’à la fin de ce siècle, ces expositions restent les seules expositions belges officielles. A partir de 1840, on travaille même avec des correspondents artistiques qui recrutent des artistes en Europe (Düsseldorf,

Foto2-Wappers “Gustaaf Baron Wappers”

Vienne, Rotterdam, Brême, Hamburg, Munich, Prague …) pour participer aux salons. En 1860, Saint-Petersburg et New York s’ajoutent à la liste.

La division du pouvoir dans l’association zigzague entre artistes et mécénat. Les arts se placent de plus en plus au centre de l’expérience de qualité du dix-neuvième siècle mais simultanément à cette évolution, l’artiste adopte de plus en plus une attitude libre. L’individualisme, par lequel l’artiste progressiste contribue à la lutte politique, d’un point de vue pictural, est né. Au dix-neuvième siècle, le mécénat plutôt conservatif fulmine contre la modernisation sociale ce qui aboutit sporadiquement à des confrontations au sein de l’association. Là où l’école romantique relance les activités au début du siècle, le pouvoir reste dans les mêmes mains au moment des modernisations artistiques et sociales. Passionnés par l’histoire, ils sont considérés comme artistiques et conservateurs. En outre, une controverse de longue durée se produit dans la presse. Elle ne change brusquement qu’à la fin de ce siècle quand finalement la société s’ouvre à des courants artistiques innovateurs. Le ‘Prix de Rome’ qui est également organisé par la Société reflète aussi cette situation.

Au dix-neuvième siècle, l’association est cofondatrice du Musée des Beaux-Arts d’Anvers, dont elle agrandit la collection. En 1890, elle aide à déplacer le musée dans le quartier du sud où il se trouve actuellement.

 

Foto3-Meunier Buideldrager 1885

“De Buildrager”, par Constantin Meunier, 1885, acheté par l’association et donné au Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers”

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“La longue salle de la KoMASK dans le Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers”

Vingtième siècle

Au cours du vingtième siècle, qui se divise en trois périodes à cause des deux guerres mondiales, l’association intervient dans le domaine artistique. Elle achète des œuvres d’art en complément des collections du musée (‘Zotte Geweld’ de Rik Wouters, ‘Le Citoyen de Calais’ de Rodin, ‘De Buildrager’ de Constantin Meunier, …).

Foto4-Zotte geweld 1912 Rik Wouters“Achat de ‘ Zotte Geweld’, par Rik Wouters, 1912″

 

Par ailleurs, l’association recommande aux membres éminents de la bourgeoise anversoise de faire ses collections depuis son pilier d’artiste. De cette manière, elle aide beaucoup de jeunes artistes dans le développement de leur carrière. Pendant l’entre-deux-guerres, les statuts de l’association ont été adaptés à la législation moderne. En 1936, on crée une ASBL avec actionnariat. Tous les notables de cette époque siègent au conseil d’administration. C’est alors probablement l’organe le plus prestigieux de son époque. Après la deuxième guerre mondiale, l’économie belge est tellement secouée que l’association n’est plus capable de garder le monopole qu’elle possédait avant. La méritocratie met une nouvelle classe au pouvoir qui veut explorer des nouveaux horizons culturels.
Les actionnaires de l’association adoptent un fonctionnement qui accentue le déclin de son influence. L’Association donne des subventions pour des voyages à des jeunes artistes et achète, dans une moindre mesure, des oevres d’art aux jeunes.Différentes nouvelles associations de mécénat font fureur. A ce moment-là, SoREBA ne travaille plus au niveau national. Après le dernier salon qui s’est tenu en 1951, seules des expositions rétrospectives ont encore été organisées. La sphère artistique se mondialise, l’ASBL n’y anticipe pas. La liberté individuelle de l’artiste s’accroit et prend pour la bourgeoise des proportions sociales menaçantes.

En 1976, elle organise une exposition rétrospective (photo dessus). L’association devient aussi membre de la nouvelle ASBL autour de l’académie Vrike (Cercle d’amis Académie). Elle soutient financièrement le fonctionnement social de cette filiale. En 1995 (après la mort de L. Gyselinck) un notaire veut liquider l’ASBL mais le dossier arrive sur le bureau du directeur qui vient d’être engagé à l’Académie Royale des Beaux-Arts, Bart d’Eyckermans, qui refuse de signer la dissolution. Il implique un nouveau membre dans l’ASBL : M. Guido Persoons et convainc M. Jan Verswijer, licencié en droit, qui était secrétaire entre 1961 et 1972, de déployer de nouveau beaucoup d’énergie pour la société. L’association est adapatée à la nouvelle législation ASBL, les statuts sont réécrits. Un plan d’action pour redémarrer l’ASBL vers le vingt-et-unième siècle est exécuté.

“Remise des prix du concours ‘Portrait 2010′ au Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers. Discours par Président Dr. Guido Persoons” 

Vingt-et-unième siècle

L’ASBL s’attache à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers. Chaque année, on organise des concours en guise d’encouragement des jeunes artistes. Dans la deuxième décennie de ce siècle, on commence à restaurer la volonté nationale des actions culturelles. Un concours en guise d’encouragement et de promotion des jeunes artistes où les quatre Académies Royales de Belgique (Gand, Bruxelles, Liège, Anvers) sont rassemblées dans un concours et confrontées à un jury international de curateurs et d’artistes. Ceci est repris annuellement. Ce concours annuel replace l’ASBL dans son rôle national antérieur de promoteur des arts.

“Vernissage du concours ‘Tekenen XL’ - Anvers

In memoriam

Guido Persoons, président de KoMASK DE 1996-2014.

Portret-Guido-2Prof. Dr. Guido Persoons est décédé subitement à l’âge de 81 le 21 Février 2014. Guido Persoons est né le 8 Avril 19331 à Borgerhout comme le fils du conducteur, compositeur et professeur de musique Anversois Gust Persoons. Sa mère, Nora Schiltz, était une musicienne talentueuse et venait d’une famille ou tout a été marquée par l’art et la culture. Ce n’était pas un hasard qu’après ses études secondaires au Collège Saint-Stanislas à Berchem il s’avait inscrit à l’université de Louvain pour la musicologie, l’éducation qu’il allait combiner plus tard avec l’histoire de l’art, malgré les tentatives infructueses de ses parents pour lui faire choisir une éducation ‘sérieuse’ de l’université avec une sécurité d’emploi. Après quelques missions omme l’industrie de l’impression et comme réservistes de la marine Belge, il a été nommé en 1962 comme bibliothécaire scientifique à l’Institut National Supérieur et Académie Royale des Beaux-Arts et à l’Institut National Supérieure d’Architecture et d’Rubanisme Anvers. Il a pratiqué cette position jusqu’en 1995 et a été engagé à l’expansion et à la professionnalisation de la sélection de la bibliothèque et de l’inventaire scientifique de la collection, y compris la précieuse archive Saint-Luc. Toutes ces années, il a également été inextricablement liés avec les tenants et les aboutissants de l’Academie, en organisant de nombreuses expositions sur l’histoire de cette institution et de ses professeurs, pour lequel il a écrit les catalogues qui poussaient dans monographies scientifiques approfondies. Le catalogue spécial de 100 ans Institut Nationale Supérieure des Beaux-Arts, qui a été publié par lui en 1985, est dan ce contexte remarquable. Il a également maintenu des contacts fréquents avec les bibliothèques universitaires, les musées et académies d’art à travers l’Europe.

En 1968, Guido Persoons avait obtenu sa thèse de doctorat sur les organes et les organistes de l’église Notre-Dame à Anvers 1500-1650. C’était le début d’une carrière académique passionnante à l’université de Louvain. En tant que chargé de cours au département de musicologie il continuait à organiser des cours en sociologie de la musique et des médias de masse, ainsi que la formation des professeurs spécifiques pour les musicologues jusqu’à sa retraite en 1996.

Avec ses nombreuses publications sur la construction musicale, la musique presse, compositeurs et artistes visuels il aspirait explicitement vers la documentation et la capture de la vie culturelle en Belgique, avec l’accent mis sur Anvers. Il a également été éditeur du livre jubilaire à l’occasion du centenaire du Conservatoire Royal Flamand en 1998.

Cette même passion pour la préservation de notre patrimoine culturel se reflète dans son implication active dans la Commission royale et provincial des monuments et des paysages et son déploiement effectif en tant que membre du conseil d’administration dans un large assortiment d’associations scientifiques et culturelles où il avait joué un rôle actif en tant que membre du conseil d’administration.  Il avait une relation spéciale avec la Société Royale pour l’encouragement des Beaux-Arts. Il a continué à exercer la fonction de président avec beaucoup d’enthousiasme jusqu’à sa mort en 1996.